mes chaussures Clarks – fin

Au début, mes Clarks étaient comme la peau du dos de Viggo Mortesen, lisses et uniformes. À force de les porter, forcément, elles commencent à accuser quelques rides, et virent Sam Shepard.

Une amie me dit que C’EST COMME Ça QU’IL FAUT LES PORTER. Par ailleurs, je dois reconnaître que je ne peux pas faire autrement. Je les brosse, avec ma brosse à cheveux, mais elles vieillissent quand même. La gomme en dessous noircit. Les lacets foncent. De la sauce de mes nems est tombée dessus.

Jusqu’à hier, je savais pas quoi en penser. Or, hier je prends un verre avec une copine et elle me fait tout un speech comme quoi jamais elle porte jamais rien de clair pour éviter le côté sale que ça peut prendre. Et je vois dans ses yeux quelque chose de si obsessionnel que, soudain, ça me détend sur l’aspect net que devraient avoir les choses.

Soudain, je réalise qu’on vit dans un monde où plus rien n’a le droit de vieillir. Les people sont habillés en neuf de pied en cape vu qu’on leur donne tout, tous les jours. Les magazines ne montrent que des trucs neufs. Même dans Play Boy les culs sont neufs. Et voyez, soudain, tout ça me fait penser à quand j’étais assise par terre aux pieds de Sharon à discutailler avec elle.

Je voyais que le soleil avait dépigmenté sa peau sur les jambes et les bras, avec les petites tâches qu’on a tous en prenant de l’âge, que ça c’était une peau magnifique et vivante. Du coup, j’ai moins les boules d’avoir des Clarks pigmentées elles aussi. On est un club de gens bourrés de vie, et pis c’est tout.

À demain !

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